Impression à la Demande : une Stratégie à Part Entière

Dans l’imaginaire collectif, une maison d’édition, c’est souvent des piles de livres fraîchement imprimés, prêts à être stockés en entrepôt ou envoyés en librairie. Mais il existe un autre modèle, plus souple, plus adapté aux réalités d’aujourd’hui : l’impression à la demande, ou POD (print on demand).

I) Impression à la demande : une stratégie pour les maisons d’éditions indépendantes et les auteurs autoédités

A) Qu’est-ce que c’est ?

L’impression à la demande consiste à n’imprimer un livre que lorsqu’il est commandé. Pas de stock, pas de surproduction : chaque exemplaire est créé à l’unité.

Concrètement, dès qu’un lecteur passe commande (en ligne, via une plateforme ou une librairie), l’imprimeur reçoit la demande, imprime le livre, et l’expédie.

B) Un modèle adapté aux ME indépendantes et aux auteurs AE

Adopter l’impression à la demande, c’est aussi un choix économique stratégique pour une maison indépendante comme Apothéosis.

  • Pas de tirage à financer à l’avance, donc moins d’argent à engager et à risquer.
  • Proposer des titres de niche, moins « grand public », sans la pression d’un tirage minimum à rentabiliser.

II) L’impact de ce modèle sur le prix des livres

A) L’impact sur le prix du livre papier

Le coût unitaire d’un exemplaire imprimé à la demande est plus cher que dans un tirage en masse. Cela s’explique par l’absence d’économie d’échelle : chaque exemplaire est produit seul, et non dans une série de 500 ou 1000 copies.

Cela explique pourquoi un roman en POD peut coûter 18 à 25 €, alors que son équivalent en grand tirage est à 14 ou 18 €. La marge de la maison d’édition, elle, n’est pas plus élevée (parfois même moins).

B) L’impact sur le prix du livre numérique

Les maisons d’édition qui fonctionnent en impression à la demande, comme Apothéosis, ont naturellement tendance à miser davantage sur les ventes numériques que les maisons d’édition classiques. Pourquoi ? Tout simplement parce que nous n’avons pas d’investissements massifs à rentabiliser sur un stock papier. Le numérique devient donc une alternative attractive, à la fois pour nous et pour les lecteurs. Le prix de l’ebook peut donc rester bas, souvent entre 3,99 € et 9,99 €.

En face, les maisons d’édition traditionnelles ont tout intérêt à valoriser leurs exemplaires papier : c’est là qu’elles ont investi en tirage, en stockage, en distribution. Résultat : leurs ebooks sont souvent vendus à des prix proches du format broché, pour ne pas « cannibaliser » les ventes papier.

Ce modèle explique pourquoi les lecteurs trouvent souvent des ebooks moins chers dans les maisons indépendantes en POD ou chez les auteurs autoédités.

III) Et les inconvénients ?

Même si l’impression à la demande a de nombreux avantages, elle implique aussi certaines limites qu’il est important de comprendre.

A) Des coûts plus élevés pour les lecteurs

Comme mentionné plus haut, chaque exemplaire coûte plus cher à produire, ce qui se répercute sur le prix de vente.

B) Les délais de livraison plus longs

Dans un système classique, les livres sont en stock, prêts à être envoyés. En POD, il faut imprimer l’exemplaire avant de l’expédier. Il faut donc compter en général entre 5 et 10 jours ouvrés pour recevoir un exemplaire (ce qui reste tout de même assez rapide quand on y réfléchit, mais nous sommes habitués à avoir tout, tout de suite).

C) Pas de présence en librairie (ou presque)

C’est souvent ce point qui surprend et déçoit le plus les lecteurs et les auteurs.

Les librairies commandent leurs livres via des distributeurs, et ont besoin que les ouvrages soient disponibles immédiatement et retournables si non vendus.

Or, la POD ne le permet pas : chaque livre est imprimé quand il est commandé, et il n’est pas possible de le retourner. Résultat : les libraires n’osent pas proposer ces livres en rayon par peur de ne jamais vendre les exemplaires. Il y a tout de même des exceptions (un coup de cœur, une aide pour un partenaire local, ou partenariat particulier).

Conclusion

L’impression à la demande est un modèle cohérent pour les maisons d’édition indépendantes et les auteurs AE (plus flexible et moins risqué financièrement), mais qui présente néanmoins des inconvénients majeurs qu’il est nécessaire de prendre en compte, notamment si l’on veut soumettre son manuscrit à ce genre de ME, ou lorsque l’on fait ses choix éditoriaux pour les auteurs AE.

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